Projet potager 2016

Tout en habitant dans un immeuble collectif, j’ai envie d’essayer de jardiner autre chose que des plantes d’appartement. Mon projet : un mini-potager.

La cour de mon (petit) immeuble est aujourd’hui à l’état semi-sauvage : une haie-vive qui a n’a pas vu un sécateur depuis des années ; du gravier couvert de fraises des bois ; une cloture couverte d’une liane grimpante dont les tiges s’entremêlent le long du sol ; quelques pots dans lesquels d’autres habitants de l’immeuble ont fait pousser des plantes aromatiques (sauge, romarin, menthe) ; un tas de déchets de taille dans un coin…

C’est justement ce dernier qui m’intéresse. Je compte y installer un mini-potager sur butte. La description est adaptée : ma butte ne fera qu’un peu plus d’un mètre de diamètre.

En attendant d’avoir le OK du conseil syndical de l’immeuble, j’ai déjà fait un brin de planification de mes futures cultures. A terme, il y aura des tomates, des poivrons, des laitues, de la roquette, du persil, du romarin, du basilic et des soucis.

Si tout se passe comme prévu, le potager va ressembler à ça cet été :

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Trois choses que j’ai apprises

J’approche doucement de mon 40e anniversaire, et depuis quelque temps je me je me demande ce que j’ai appris ces dix dernières années. Voici un aperçu :

  1. Le bonheur ça se cultive tous les jours. Etre heureuse dérive plus d’une intention intérieure que d’évènements extérieurs. Une même attention délicate de la personne que nous aimons peut nous réchauffer le coeur ou nous agacer, tout dépend de comment on la reçoit — mon pauvre conjoint en sait quelque chose !
  2. Je ne peux faire plus d’une chose à la fois. Je sais, c’est la fin d’un mythe de puissance feminine… Si deux choses requièrent ma concentration, je ne peux les faire au même temps : participer à une conversation et lire un livre ; écrire un billet avec la télévision en sous-fond ; prêter attention aux paroles de mon conjoint et éditer un texte etc…
  3. L’envie de procrastiner ne passe pas avec l’âge. J’ai toujours été une grande « procrastineuse » (si j’invente du vocabulaire je vous prie de m’en excuser) et j’ai l’impression que cela empire avec le temps, car  j’ai de plus en plus de choix dans comment j’occupe mon temps. Ma seule consolation, une citation de David Allen (auteur de « S’organiser pour mieux réussir ») dans un de ses podcasts :

« Ce sont les personnes les plus vives, intelligentes et sensibles qui procrastinent le plus. »

J’écris parce que…

J’écris parce que une partie de moi a besoin de ce moyen d’expression. Ca peut paraitre paradoxal, car je passe déjà la majorité de ma vie professionnelle à écrire : des dossiers de financement, des projets de recherche, des articles scientifiques, des articles de vulgarisation, des lettres, des emails… On croit que l’écriture soit moins importante dans les études scientifiques que dans les étudies humanistes. Rien de plus faux. Pour avancer dans les sciences, il faut lire les travaux des chercheurs qui ont étudié un sujet avant nous, puis à notre tour exposer nos travaux à l’oral et par écrit, le plus clairement et de la façon la plus lisible possible.

J’écris tous les jours, mais une partie de moi se sent frustrée de n’écrire que « sur commande ». Mon imagination reste en manque de quelque chose. Et si j’écrivais de la fiction ? Ou une série de billets sur un blog qui décrivent mon état d’âme, la vie quotidienne d’un chercheur, ou l’expérience très personnelle d’accompagner la reconversion professionnelle de mon conjoint ?

Mais est-ce que cela serait une « bonne » utilisation de mon temps ? Parfois je me le demande… Pourquoi perdre du temps à écrire autre chose que la pile de projets de rédaction qui me m’attendent côté professionnel ? Et si c’est pour me détendre, pourquoi ne pas m’occuper autrement que devant un clavier ? Il ne faut pas croire que l’écriture soit ma seule activité personnelle, mais c’est vrai qu’elle est celle que j’entreprends le plus facilement dans les petits recoins de temps entre une activité et l’autre.

Qui suis-je ?

Je m’appelle Alessia Maggi. J’écris quotidiennement dans ma vie professionnelle mais toujours « sur commande ». Ceci est mon premier blog en français (je suis de nationalité italienne, et j’ai maintenu Sismordia – Seismology at Concordia, blog en anglais, pendant 3 ans).

Rédiger des billets de blog est un exercice différent de ceux dont j’ai l’habitude. Ce sera pour moi une façon de partager mon enthousiasme pour de nombreux sujets et d’améliorer mon expression écrite par le biais de la pratique (j’espère rédiger au moins un billet par semaine).

Je suis de professeur et chercheur en sismologie à Strasbourg ; j’ai fait plusieurs missions en Antarctique ; j’ai une vie de couple épanouie et heureuse ; je joue de la musique, je chante, je danse, je pratique le TaiChi et je suis secouriste diplômée.

Katrina – 10 ans après

L'ouragan Katrina dans le golfe du Mexique
L’ouragan Katrina dans le golfe du Mexique, le 29 août 2005. Image par User Egg on cs.wikipedia [Public domain], via Wikimedia Commons
Nous voici au dixième anniversaire du cyclone le plus destructeur des Etats Unis : l’ouragan Katrina, qui toucha terre en Louisiane le 29 août 2005. L’année 2005 fut particulièrement riche en tempêtes et ouragans. Comme tous les cyclones — « cyclone » est le terme générique de ce type de phénomène ; les termes régionaux sont « ouragan » pour l’océan Atlantique ouest, « typhon » pour l’océan Pacifique ouest et « cyclone » pour l’océan Indien — Katrina pris naissance d’abord comme dépression tropicale. Peu après sa formation (le 23 août), les états du golfe du Mexique furent avertis qu’une tempête violente allait s’abattre sur eux.

L’ouragan Katrina traversa d’abord la Floride, avant de s’intensifier jusqu’à la catégorie 5 sur l’échelle de Saffir-Simpson (la plus forte) au dessus des eaux chaudes du golfe et se diriger vers la Nouvelle Orleans.  Au moment où il toucha la ville, le matin du 29 août 2005, l’ouragan avait probablement diminué en intensité (catégorie 3). Sa marée de tempête se déversa par dessus de nombreuses digues protectrices de la ville, en éroda certaines, et poussa l’eau à s’infiltrer à travers le sol saturé au dessous d’autres. 80% de la ville fut rapidement inondée.

Alerte et secours

Le maire de la Nouvelle Orléans, Ray Nagin, ordonna l’évacuation de la ville la veille de l’arrivée de Katrina, et avant le soir même presque 80% de la population avait évacué. Environ 10,000 citadins se réfugièrent au stade Superdôme, où la municipalité avait prévu un centre d’hébergement d’urgence, mais d’autres dizaines de milliers de personnes choisirent de rester chez eux.

Dans les jours qui suivirent, avant même l’arrivée de la FEMA (agence fédérale américaine de gestion des catastrophes), les gardes-côtes locaux assistèrent presque 34 000 habitants. La FEMA, une fois sur place, fut rapidement dépassée par l’ampleur des dégâts et le nombre de personnes à héberger et nourrir.

Victimes et dégâts

Katrina fut le troisième ouragan le plus meurtrier aux Etats Unis, après celui de Galveston en 1900 (plus de 6000 décès) et celui de Okeechobee en 1928 (entre 1800 et 2500 décès). Elle ôta la vie à environ 1800 personnes, dont un millier d’habitants de la Nouvelle Orléans. La cause la plus fréquent de décès (40% des presque 1600 décès en Louisiane) fut la noyade, suivi par les trauma physiques (25%) et les arrêts cardiaques (11%). La population âgée fut la plus vulnérable : presque la moitié des personnes décédées avaient plus de 74 ans.

Katrina déplaça plus d’un million de personnes de leurs foyers. Beaucoup rentrèrent chez eu rapidement, mais un mois après, il y avait encore jusqu’à 600 000 familles déplacées. Les centres d’urgence hébergèrent jusqu’à 273 000 personnes au même temps. Plus tard, 114 000 familles furent logées temporairement dans des mobile-homes de la FEMA. Katrina endommagea plus d’un million d’habitations, dont la moitié en Louisiane. A la Nouvelle Orléans, 70% des logements (134 000 en nombre) subirent des dégâts importants.

Les dégâts matériels directs de Katrina totalisèrent 135 milliards de dollars, en faisant de cet ouragan la catastrophe naturelle la plus couteuse de l’histoire des Etats Unis. Les compagnies d’assurance remboursèrent rapidement 41 milliards de dollars aux détenteurs de polices d’assurance, et le programme national d’assurance contre les inondations encore 16 milliards. Des 120 milliards de dollars d’aide fédérale alloués après le passage de Katrina, approximativement 75 milliards (un peu plus de 62%) furent dépensés en opérations de secours et hébergement d’urgence. La différence entre le coût des dégâts matériels et la somme distribuée en remboursement et aide à la reconstruction fut de 33 milliards de dollars.

Aléa et risque

Le risque présenté par les marées de tempêtes était bien connu à la Nouvelle Orléans. Avant Katrina, la Nouvelle Orléans avait déjà été inondée 5 fois en moins d’un siècle : en 1915, 1940, 1947, 1965 et 1969. La ville était entièrement entourée d’eau, et seulement la moitié se trouvait au dessus du niveau de la mer. L’autre moitié était protégée par un système de digues construites depuis le début du siècle dernier par les ingénieurs de l’armée, souvent au dessus de terrains sableux, poreux, présentant peu de résistance à l’érosion.

La ville fut construite sur le delta du Mississippi, qui comme tous les deltas, subissait une subsidence naturelle causée par la compression des sédiments et le chargement de la croute. Dans le cas de la Nouvelle Orléans, cette subsidence fut exacerbée, car les sédiments charriés par le Mississippi n’ont pas pu se répandre sur toute la surface de son delta (et donc compenser la compression des sédiments déposés antérieurement), car ils ont été canalisés plus loin dans le golfe du Mexique par le système de digues de protection. Juste avant Katrina, la subsidence de la Nouvelle Orléans était de 5-6 mm/an, avec des pointes à 20 mm/an par endroits. Pas étonnant que 50% de la ville se soit retrouvée jusqu’à 3m sous le niveau de la mer !

Reconstruction

Dans les 10 ans qui ont suivi Katrina, la FEMA a distribué plus de 15 milliards de dollars pour la reconstruction de biens publiques (routes, écoles etc.) aux quatre états du golfe du Mexique les plus touchés. Dans de nombreux cas, les infrastructures sensibles et les quartiers résidentiels ont été re-bâtis à l’intérieur la zone inondée par Katrina, où la probabilité d’une nouvelle inondation reste élevée.

« Devrait-on complètement rebâtir et restaurer la Nouvelle Orléans ? » est une question qui se débat encore aujourd’hui, avec une prépondérance de voix pour la reconstruction intégrale. Par exemple, l’équipe éditoriale du site nola.com (média local de la Nouvelle Orléans, favorable à la reconstruction) écrit en mai 2015:

« Nous habitons dans la nation la plus puissante au monde, mais quand il s’agit de construire et maintenir un système efficace de protection contre les inondations, certains de nos élus secouent la tête et haussent les épaules comme si cela était impossible. »

Conséquences à plus long terme

Dix ans après Katrina, où en est-on ? La Nouvelle Orléans a désormais des nouvelles maisons sur pilotis, son quartier français revit au rythme des fanfares, les touristes peuvent choisir entre de nombreux restaurants gastronomiques, et son maire, Mitch Landrieu, parle de « résilience ». L’économie de la ville se porte bien, avec une industrie du tourisme florissante et un rythme soutenu de création d’entreprises (64% de plus que la moyenne nationale ) et d’emplois, notamment dans les domaines de la technologie (six fois la moyenne nationale) [9].

Mais tout n’est pas rose pour autant. Les travaux de rétablissement sont toujours en cours, la ville manque encore de lignes à haute tension, supermarchés, hôpitaux et digues, et les prix des logements sont devenus exorbitants pour une partie da la population. La Nouvelle Orléans compte 100 000 habitants de moins qu’avant le passage da Katrina, même si 150 000 résidents se sont installés depuis 2006.

Entre l’exode de la population locale et les nouveaux arrivants, la proportion de noirs-américains a baissé de 67% à 60%. Seulement 57% des hommes noirs de la ville ont un travail (contre 77% des blancs), et le revenu médian des foyers noirs est plus bas de 20% à la Nouvelle Orléans que dans le reste du pays. Détail saisissant : seulement 27% des adultes de la ville ont fait au moins 4 ans d’études post-bac (en France la proportion varie entre 35% en Corse et 57% en Ile de France), et l’état de la Louisiane a coupé son investissement dans l’enseignement supérieur de 40% en 10 ans.

Retour d’expérience

Rapidement après le passage de Katrina (2007-2009), on a cherché à comprendre pourquoi le infrastructures censées protéger la Nouvelle Orléans avaient échoué. La première conclusion des études menées par les ingénieurs de l’armée et par la Société américaine d’ingénieurs civils épinglait la hauteur insuffisante des digues maritimes. La marée de tempête avait pu les dépasser, puis éroder d’autres digues secondaires construites en terre. Les digues édifiées dans les années ’60 étaient, en 2005, plus basses d’un mètre qu’au moment de leur construction, à cause de la subsidence du delta du Mississippi. De plus, la hauteur des digues mesurée par nivellement terrestre était peut-être sur-estimée, car la référence locale fixe nécessaire pour de telles mesures était probablement elle aussi en train de s’enfoncer.

Des nouvelles digues furent construites après 2005, mais le problème de la subsidence subsiste.

« L’infrastructure de protection contre les inondations est certes plus neuve, mais elle ne me semble pas significativement meilleure que celle d’avant Katrina. »

Ce sont les mots de Bob Bea, le directeur du projet RESNIN fondé par la NSF pour créer des nouvelles approches d’évaluation et gestion des risques.

Parmi l’infrastructure critique qui avait été mise hors service par l’inondation : des stations de pompage, des stations de contrôle et leurs générateurs secondaires. La même situation s’est présentée 6 ans plus tard à Fukushima, quand l’inondation causée par le tsunami de Tohoku-oki a endommagé les générateurs des pompes qui circulaient le liquide de refroidissement autour des réacteurs nucléaires, avec les conséquences que nous connaissons.

« La gestion des catastrophes se focalise souvent sur le fait de réparer ce qui est cassé, plutôt qu’engager des investissements pour évider la casse en amont, » — Bob Bea.

Deux suggestions proposés dans un article récent dans EOS :

  • Il faut revoir la conception des générateurs de secours, des centres de contrôle ainsi que des réseaux de communication et les implanter à l’abris des inondations, des vents violents et d’autres aléas.
  • On doit developper des réactions aux catastrophes naturelles qui n’impliquent pas de reconstruire exactement au même endroit. Cela veut dire rédiger et renforcer des plans d’aménagement du territoire.
  • On doit prendre en compte les risques naturelles sur une période de temps au moins équivalente à la vie économique moyenne des bâtiments civiles (de l’ordre de 50 ans).

Bob Bea ajoute : « La résilience et le développement durable représentent des investissements à long terme, or nous avons tendance à l’imposer dans le court terme. On ne peut pas simplement créer de la résilience. Elle doit se développer au fil du temps. »

Rôle de la science

Les chercheurs ont souvent du mal à communiquer sur les concepts de risques naturels, et en particulier de la façon dont des petites variations de la température et du niveau des océans, combinés à la variation naturelle à court terme et à l’augmentation de la population côtière, engendrent une augmentation significative du risque d’inondations marines. La réponse pourrait se trouver dans l’éducation, car elle permettrait de pouvoir parler de risques à un publique informé. La résilience pourrait s’avérer être plus une question social (et sociétal) qu’un problème purement technique.

Université du blog

Etant un peu rouillée (cela fait au moins 5 ans que je n’ai plus touché à mon ancien blog), je me suis inscrite à l’Université du Blog, une série de cours proposés gratuitement par wordpress pour permettre à chacun d’améliorer son site, d’acquérir une pratique régulière de l’écriture, et developper son propre style.

Le format est simple : une série de propositions d’exercices à compléter, puis à poster en tant que billet sur son blog. La prochaine session des cours commence en fin de semaine prochaine. Je publierai ici le résultat de mes efforts.

Ecrivez en aveugle

Short and Sweet Advice for Writers – Write Blind.

Cet article suggère quelque chose qui parait contre intuitif, mais qui recèle une puissance inattendue : écrire en aveugle. Le concept est simple : écrire sans avoir la possibilité de relire sont texte. En pratique, cela veut dire ne pas regarder l’écran si on écrit par ordinateur, ou ne pas s’arrêter pour se relire si on écrit à la main. C’est l’idée de l’écriture libre poussée à l’extrême, et l’objectif est le même : réveiller la créativité en affaiblissant le critique et l’éditeur intérieurs.

Je suis moi même en train de rédiger cet article en aveugle (je ferai bien sur les corrections nécessaires avant de le publier). Je suis allongée dans le noir, l’écran de l’ordinateur à moitié replié vers mes doigts, et une migraine qui me fait fuir toute source de lumière. Je trouve l’expérience libératoire. Seule nécessité : savoir tapper au clavier sans regarder ses doigts.

Essayez vous même cette technique, que vous la combiniez avec l’écriture libre ou simplement pour écrire le premier jet de n’importe quel autre texte. Le premier jet est toujours le plus long et le plus difficile à écrire. Peut-être que cette technique vous aidera à le terminer plus rapidement.

Bonjour tout le monde !

Je vous souhaite la bienvenue sur ce site en construction. Il a vocation à accueillir mes écrits sur tous les sujets qui me tiennent à coeur : articles tout-publique, reflexions ouvertes, histoires courtes et moins courtes.

Ceci n’est pas mon premier blog ou site-web, mais c’est le premier que je rédige en français (ma première langue est l’anglais). Si sa structuration va devenir plus claire avec le temps et l’accumulation de lignes, ses raisons d’être sont mon amour de l’écriture et mon désir de pratiquer cette activité au delà de mon univers professionnel (la recherche scientifique).

Joignez-vous à moi pour cette aventure que j’espère passionnante.